Travailler aux Îles Baléares
L'arrêt maladie
L'arrêt de travail pour incapacité temporaire est considéré au même titre qu'une suspension du contrat de travail : il relève employé et employeur de leurs obligations respectives, et prend fin lorsque disparaissent également les motifs de la suspension. Il faut faire une distinction entre l'arrêt maladie ordinaire et l'arrêt occasionné par une maladie professionnelle ou un accident de travail. Dans le premier cas, pour prétendre aux prestations en espèces, l'employé doit avoir cotisé au moins 180 jours dans les cinq années précédant immédiatement la date de l'arrêt. Dans les autres cas, les prestations pour incapacité temporaire sont aussitôt disponibles : il n'est pas exigé de période préalable de cotisation.
La période d'incapacité temporaire est limitée à 12 mois, éventuellement reconductibles six mois de plus si l'on estime qu'une telle prolongation peut permettre au malade de guérir et de reprendre le travail. L'une ou l'autre de ces possibilités est choisie par un conseil de médecins de l'Institut national de la sécurité sociale qui "est le seul compétent à décider s'il y a lieu de prolonger l'arrêt six mois de plus ou de délivrer une reprise de travail aux effets exclusifs de la prise en charge pour incapacité temporaire". Lorsque l'incapacité temporaire prend fin à l'expiration du délai maximum fixé, reconduction de six mois comprise ou non, "on examinera nécessairement l'état de l'intéressé, dans un délai maximum de trois mois, afin de lui attribuer le degré d'invalidité permanente qui lui correspond'.
Pour le calcul des prestations en espèces, il faut faire une différence entre la maladie professionnelle ou l'accident de travail et les maladies ordinaires. Dans le premier cas, les prestations en espèces sont dues à compter du lendemain du premier jour d'absence, "à charge pour l'employeur de payer intégralement le montant correspondant au premier jour d'arrêt". Dans ce cas, le paiement équivaut à 75% de la "base régulatrice" (assiette de cotisation), à moins que la convention collective applicable n'établisse un pourcentage supérieur, ou que soit applicable la couverture d'une mutuelle. Dans le cas de la maladie ordinaire ou de l'accident non imputable au travail, les indemnités sont versées à partir du seizième jour d'arrêt. Du quatrième au quinzième jour d'arrêt compris, le montant des indemnités est à la charge de l'employeur. Dans ce cas, le montant est égal à 60% de l'assiette de cotisation pour la période comprise entre le quatrième et le vingtième jour d'arrêt, et à 75% à partir du vingt-et-unième jour d'arrêt.
L'incapacité permanente est quant à elle réglementée au chapitre V de la Loi générale de la sécurité sociale, qui définit aussi bien l'incapacité permanente imposable que la non imposable. Dérivant généralement d'une incapacité temporaire, l'incapacité permanente comprend tous les cas où la réduction de la capacité de travail est au moins égale à 33%. La sécurité sociale détermine le degré d'incapacité en fonction de la classification suivante : Incapacité permanente partielle pour la profession habituelle, incapacité permanente totale pour la profession habituelle, incapacité permanente absolue pour tout travail et grande invalidité. Pour pouvoir prétendre à une prestation d'invalidité, l'assuré doit satisfaire certaines exigences minimales relatives à l'âge et aux années de cotisation.
Le site Web du CLEISS "Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale" offre d'intéressants résumés au sujet des régimes de sécurité sociale en vigueur dans différents pays, dont l'Espagne. Ces informations sont en langue française: www.cleiss.fr
Sur la page Web de la Sécurité sociale espagnole, on trouvera une copie de la Loi générale de la sécurité sociale, publiée le 29 juin 1994. Les articles 128 et 135 sont particulièrement intéressants au regard des aspects traités dans ce chapitre.
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